De grandes compagnies et analystes qui travaillent avec l’open source disent souvent que la migration est très bénéfique, mais ils sont plutôt retissant à rendre public l’abandon des logiciels propriétaires pour ceux du libre.
Pourquoi ça?
La raison est bien simple, ils ne veulent pas détériorer la relation qu’ils ont avec leur vendeur de logiciels propriétaire. Eh oui, les entreprises migrant partiellement vers l’open source ne veulent pas créer de tension entre eux et leurs commerçants de logiciels propriétaires auxquels ils peuvent être encore liés pour certains produits.
De plus, plusieurs entreprises ne veulent pas publiciser leur migration, car des compagnies comme Microsoft sont sans arrêt aux aguets afin de surprendre un échec de migration pour ensuite s’en servir pour des campagnes de dénigrement des logiciels libres. Le risque de publicité négative est très grand. Que ce soit de migrer vers le libre ou de migrer vers un environnement propriétaire, la tâche reste colossale et périlleuse.
À quel point?
Le mutisme va plus loin encore, les compagnies vont même parfois jusqu’à cacher la migration à leurs propres employés! Impossible vous dites? La majorité des employés aujourd’hui sont habitués de travailler avec des logiciels Microsoft au quotidien. Si vous leur dites que votre logiciel est différent, ils peuvent aussi bien jeter du revers de la main le logiciel que vous essayez d’implanter sans même l’avoir essayé. Alors, certain responsable ont même déjà dit : « Ceci est une nouvelle version de Word » quand ils venaient tout juste d’installer la dernière version d’OpenOffice et les employés on avaler ça…
Enfin, le silence n’est pas toujours fait de façon intentionnelle. Il est évident que les ressources de publication médiatique des fournisseurs de logiciel propriétaire sont beaucoup plus grandes que celles disponibles pour faire la promotion d’un déploiement open source réussis. Une équipe de vendeur de logiciels propriétaire peut se permettre d’investir du temps pour écrire et diffuser des histoires glorieuses, mais pas une équipe de donneurs de logiciels libres, du moins pas autant. Cependant, il est vrai que certaine entreprise ne peuvent pas se permettre de donner beaucoup d’argent aux différents projets open source, mais je crois qu’ils pourraient quand même contribuer en donnant soit du code, du temps ou pourquoi pas directement de la visibilité.
La migration vers les logiciels libres est maintenant une tendance bien établie et les actions sont bien réelles, mais la visibilité reste la clé. Plus les projets de migrations ayant bien fonctionné seront publicisés, plus de ces projets seront mis en œuvre ou du moins planifié.
Références:
http://news.zdnet.co.uk/software/0,1000000121,39238437-2,00.htm
http://news.zdnet.co.uk/software/0,1000000121,39238434-4,00.htm
Comme je viens tout juste de remettre un travail sur la dimension économique des logiciels libres, autant battre le fer pendant qu’il est encore chaud. Il y a une croyance populaire qui dit que « logiciel libre » rime avec « logiciel gratuit » et des gens en déduisent donc qu’il n’y a pas d’argent à faire avec ça. Détrompez-vous! Comme on peut le lire sur le site web de GNU, les logiciels libres doivent être compris comme « free as in free speech, not as in free beer ». Étant donné que les développeurs de logiciel libre ne peuvent compter sur l’argent ramassé grâce à la vente de licences comme chez les logiciels propriétaires, ces compagnies doivent user de beaucoup d’ingéniosité pour financer leur entreprise. Elles génèrent leurs profits généralement en offrants des services redondants, en vendant des extensions propriétaires, par le biais de publicités et la vente de produit dérivé.